Un café avec… Myriam Gendron Un délire à partager

Elle vide l’air de la pièce pour la remplir de sa guitare aux notes délicates et jamais inutiles, et de sa voix douce et grave, avec le ton de celle qui n’a plus de temps à perdre. 

Elle chante les yeux fermés, pour éviter les regards et plonger en elle. Quand elle a fini, il ne reste que le son des gorges qui se serrent et des cœurs qui se brisent. 

C’est quelque chose qui est difficile à décrire et impossible à oublier. Pourtant, l’artiste folk dit ne pas être une naturelle. « Je n’ai pas la scène dans le sang, avoue-t-elle. Je l’apprivoise encore, je commence seulement à m’y sentir bien. »

Dans le café de Villeray où elle nous a donné rendez-vous, elle sirote sa tisane en parlant à voix basse. Son regard est calme et oblique. L’attention portée à sa personne paraît la gêner un peu. 

Les autres clients ne semblent pas la reconnaître et cela lui convient.

Le plan fonctionne. Ses deux albums (Not so Deep as a Well et Ma délire – Songs of Love, Lost & Found) lui ont valu des critiques élogieuses de médias spécialisés aux États-Unis. « Une des meilleures parutions de la décennie », affirme Vinyl Factory. 

Au Québec aussi, la bonne rumeur se propage. Mais pas assez à mon humble avis, d’où cette interview.

Il faut un peu d’arrogance ou d’ignorance pour prétendre faire de l’art radicalement original. Ceux qui l’affirment taisent leurs influences. Ou pire, ils n’en sont pas conscients. 

Ce n’est pas le cas de Myriam Gendron. « Il ne faut pas se leurrer, réfléchit-elle. Même quand on croit créer quelque chose de neuf, on est traversé par toutes sortes d’influences. » 

READ THE WHOLE INTERVIEW

Myriam Gendron